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Le MIR soutient un objecteur russe en danger

Des organisations de défense des droits humains expriment leur inquiétude face au risque imminent d’expulsion vers la Fédération de Russie de Maksim Kuzmin, objecteur de conscience russe

30 mars 2026

Les organisations soussignées expriment leur profonde inquiétude face au risque immédiat d’expulsion de Maksim Kuzmin vers la Russie, alors qu’il s’apprête à comparaître pour une nouvelle – et probablement la dernière fois – le 2 avril 2026 devant le tribunal administratif régional de Kaunas, en Lituanie. Maksim Kuzmin est un citoyen russe, originaire de Kaliningrad et un officier de réserve qui a refusé de soutenir la guerre d’agression illégale en Ukraine et a commencé à s’engager dans des activités anti-guerre, ce qui l’a finalement contraint à fuir son pays et à chercher refuge à l’étranger. Il a demandé l’asile en Lituanie, où il est considéré comme une menace pour la sécurité nationale, ce qui le met en danger de façon imminente.

Contexte

À la suite du déclenchement de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en février 2022, Maksim Kuzmin a publiquement condamné la guerre et a décidé de quitter définitivement la Russie. De 1995 à 2000, il a étudié à l’Académie d’ingénierie militaire. Après avoir obtenu son diplôme, il a servi pendant un an au sein de l’administration des travaux publics du district militaire de Moscou, où il a travaillé à la construction de logements pour le personnel militaire. En 2002, il a quitté l’armée et a ensuite passé plus de vingt ans à travailler dans le secteur civil de la construction et dans le monde des affaires. En novembre 2022, il s’est installé en Lituanie avec sa famille et a demandé un permis de séjour.

Décisions des autorités chargées de l’immigration et procédures judiciaires

Le Service lituanien de l’immigration a refusé de lui accorder un permis de séjour et a décidé qu’il est une menace pour la sécurité nationale, invoquant sa formation à l’Académie militaire il y a plus de vingt ans. Maksim Kuzmin a contesté cette décision devant les tribunaux et a obtenu gain de cause : le tribunal a annulé à la fois l’ordre d’expulsion et l’interdiction d’entrée sur le territoire. La Cour suprême de Lituanie a, par la suite, confirmé ce jugement. Malgré ces décisions, il a été placé en détention en 2023 et a dû demander l’asile afin d’éviter une expulsion imminente vers la Russie.

En 2024, le Service des migrations a de nouveau refusé d’accorder l’asile à Maksim Kuzmin et a ordonné son expulsion vers la Fédération de Russie, malgré les décisions judiciaires antérieures établissant qu’il ne représentait pas une menace pour la sécurité nationale. En janvier 2026, il a porté plainte auprès du bureau du procureur général, du ministère de l’Intérieur et d’autres institutions publiques lituaniennes, arguant que son expulsion vers la Russie mettrait sa sécurité en danger en raison de sa position anti-guerre et de son statut d’officier de réserve.

Engagement civique en Lituanie

Pendant son séjour en Lituanie, Maksim Kuzmin s’est activement impliqué dans la vie publique. Il a organisé une communauté de coureurs et contribué au lancement du projet international parkrun à Vilnius. Selon les organisateurs, ces événements ont attiré des milliers de touristes sportifs dans la ville. Il a également participé à des manifestations contre la guerre et à des événements sportifs caritatifs en soutien aux résistants russes à la guerre, ainsi qu’à des initiatives de collecte de fonds pour venir en aide à l’Ukraine.

Appel à la protection internationale

Les organisations soussignées s’alarment du fait que, Maksim Kuzmin, étant un objecteur de conscience sincère et de longue date, il existe des motifs sérieux de croire que, s’il était renvoyé en Fédération de Russie, il risquerait d’être mobilisé et envoyé de force combattre dans la guerre contre l’Ukraine, où il pourrait être contraint de participer à des crimes de guerre sous la menace de violences ou de sanctions sévères. Au cours de son séjour en Lituanie, il n’a donné aucune raison de penser qu’il soutient la guerre criminelle menée par la Russie contre l’Ukraine. Nous demandons donc une protection internationale immédiate pour Maksim Kuzmin.

Appel à la Cour lituanienne

Compte tenu de ce qui précède, nous demandons respectueusement à la Cour :

• d’examiner attentivement toutes les circonstances de l’affaire ;

• de prendre en compte les décisions judiciaires antérieures confirmant que Maksim Kuzmin ne constitue pas une menace pour la sécurité nationale ;

• de tenir compte du risque réel de mobilisation et de persécution s’il venait à être expulsé vers la Russie;

• de garantir le respect des obligations internationales en matière de protection des réfugiés et des droits de l’homme ;

• d’offrir à Maksim Kuzmin la possibilité d’obtenir une protection internationale.

Nous rappelons que la protection des personnes qui refusent de participer à une guerre d’agression – qui viole le droit international et implique des crimes contre l’humanité – et de celles qui exercent leur droit à l’objection de conscience au service militaire est prescrite par le droit international et les normes internationales.

Enfin nous appelons les autorités lituaniennes à se conformer pleinement aux normes internationales et à mettre dûment en œuvre les Principes directeurs n° 10 du HCR relatifs à la protection internationale.

Organisations signataires:

  • Aktionsgemeinschaft Dienst für den Frieden (AGDF) – Germany
  • Association of the Greek Conscientious Objectors – Greece
  • Associazione Good Samaritan – Italy
  • Center for Encounter and active Non-violence – Austria
  • Center on Conscience & War – USA
  • Centro Gandhi di Ivrea – Italy
  • Community of Christ, British Isles Mission Center – United Kingdom
  • Connection e.V.
  • Conscientious Objection Watch – Turkey
  • Coordination des Associations et des Particuliers pour la Liberté de Conscience – France
  • European Bureau for Conscientious Objection (EBCO)
  • Fellowship of Reconciliation – USA
  • FemArtAct Social Cooperative – Greece
  • FOR India (Indian branch of IFOR) – India
  • FOR Zimbabwe (Zimbabwean branch of IFOR) – Zimbabwe
  • German Peace Society-United War Resisters (DFG-VK) – Germany
  • Giuristi Democratici – Italy
  • Initiative for Conscientious Objection in Cyprus – Cyprus
  • INNATE – Ireland
  • Institute of Peace and Law – Ukraine
  • International Fellowship of Reconciliation (IFOR)
  • International Peace Bureau (IPB)
  • Internationale der Kriegsdienstgegner*innen (IDK)
  • Internationaler Versöhnungsbund (Austrian branch of IFOR) – Austria
  • Kerk en Vrede – Netherlands
  • Mesarvot – Israel
  • MIR Italy (Italian branch of IFOR) – Italy
  • MIR-France (French branch of IFOR) – France
  • Our House – Belarus & Lithuania
  • Peace Movement of Leuven – Belgium
  • Pressenza International – Press Agency for Peace and Noviolence
  • Stop Fuelling War, Cesser d’alimenter la guerre – France
  • Stoparmy Movement – Russia
  • Un ponte per – Italy
  • Vrede vzw – Belgium
  • Vredesactie – Belgium
  • War Resisters’ International (WRI)
  • World Without War – South Korea

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Communiqué

 

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